Hépatite C : une maladie dépistée, est une maladie à moitié soignée !

  • Auteur: Abderrahim Derraji
  • Date de publication: 19 décembre 2016
  • Source: PharmaNews 370

L’année 2015 a constitué un tournant dans la prise en charge de l’hépatite C. Avec la mise sur le marché d’un traitement efficace, accessible, remboursable par les Caisses et qui plus est produit localement, on peut dire que le Maroc peut enfin caresser un rêve qui semblait il y a à peine une année inaccessible, à savoir éradiquer l’hépatite C avant 2020.

Cette affection lourde qui a endeuillé de nombreuses familles aurait, selon l’OMS (Organisation mondiale de la santé), un taux de prévalence compris entre 1,2 et 1,9% au Maroc. En d’autres termes, environ 625.000 Marocains seraient des porteurs potentiels d’une hépatite C chronique, et un grand nombre de ces malades s’ignorent. Il devient donc nécessaire de faire un dépistage à large échelle pour pouvoir aspirer à l’éradication tant souhaitée.

C’est sans doute ce qui a poussé l’association SOS Hépatites Maroc à lancer, le 20 décembre, une campagne de dépistage de l’hépatite C. Une initiative qui va se prolonger durant toute l’année 2017.

Sur le terrain, une équipe dédiée, composée de praticiens membres de cette association, accompagnée d’auxiliaires de la santé, se déplacera dans les structures partenaires pour dispenser des séances de sensibilisation à la maladie et offrir des dépistages rapides et gratuits au profit des collaborateurs actifs et retraités.

Comme l’a rappelé le professeur Driss Jamil, président de SOS Hépatites Maroc, la prévention à travers des actions de démystification de la maladie et le dépistage précoce sont aujourd’hui les meilleures armes permettant de contenir et de gérer efficacement cette infection virale. Ce sont, en effet, les seuls moyens dont nous disposons pour éviter les problèmes de santé que cette pathologie silencieuse est capable d’entrainer si elle est tardivement diagnostiquée.

Avant la mise sur le marché des antiviraux d’action directe de l’hépatite C, la découverte de cette maladie était synonyme d’un traitement éreintant, onéreux et avec un faible taux de guérison. Aujourd’hui, un traitement très efficace avec très peu d’effets indésirables et à la portée des malades est disponible. Mais sans diagnostic précoce, beaucoup de nos concitoyens continueront à porter ce virus qui, un jour ou l’autre, leur sera fatal.