L’ANSM rappelle les précautions d’usage du LARIAM®

  • Auteur: Abderrahim Derraji
  • Date de publication: 28 mai 2018
  • Source: ANSM

À la suite de l’actualisation des recommandations sanitaires pour les voyageurs à l’attention des professionnels de santé publiées dans un numéro hors série du Bulletin épidémiologique hebdomadaire (BEH), l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM – France) a mis en ligne un point d’information par lequel elle rappelle aux professionnels de santé les précautions d’usage du LARIAM®, médicament à base du méfloquine utilisé en traitement préventif du paludisme en France.

Ces nouvelles précautions ont été proposées à la suite de l’apparition de certains effets indésirables potentiellement graves imputés à l’utilisation de ce médicament.

Le LARIAM® ne devrait, selon les «recommandations sanitaires pour les voyageurs», être envisagé qu’en dernière intention dans la chimioprophylaxie du paludisme, si le bénéfice est jugé supérieur au risque par le médecin prescripteur. Des alternatives mieux tolérées sont à privilégier.

La chimioprophylaxie par méfloquine (LARIAM®) est largement moins utilisée en France que l’association atovaquone/proguanil (Malarone et génériques) et la doxycycline (Doxypalu). Ce médicament peut être utilisé en cas d’impossibilité d’utiliser les autres spécialités.

Dans une évaluation de 2017, l’EMA (Agence européenne du médicament) a conclu, à l’instar des autorités canadiennes, que le rapport bénéfice/risque du chlorhydrate de méfloquine n’était pas modifié.

L’Agence française rappelle «qu’il existe des effets indésirables liés à la prise de LARIAM® qui peuvent avoir des conséquences graves chez certaines personnes. Il s’agit de symptômes psychiatriques tels que le changement d’humeur, les cauchemars, les insomnies, l’anxiété, la dépression, voire une agitation ou une confusion mentale. Ces effets peuvent survenir jusqu’à plusieurs mois après l’arrêt du traitement.» Elle rappelle que «les patients traités par LARIAM® doivent être informés qu’en cas de survenue de tels effets ou en cas de modification de leur état mental au cours du traitement, ils doivent immédiatement arrêter le traitement et consulter un médecin afin que le LARIAM® soit remplacé par un traitement de chimioprophylaxie alternatif» et que «l’utilisation du LARIAM® est contre-indiquée en chimioprophylaxie chez les patients présentant ou ayant présenté des troubles psychiatriques (dépression, anxiété généralisée, idées suicidaires…) ou des antécédents de convulsions.»

Recommandations sanitaires pour les voyageurs, Santé publique France, 2018 : Lien