Un expectorant pourrait traiter l’AVC

  • Auteur: Abderrahim Derraji
  • Date de publication: 12 juin 2017
  • Source: lefigaro.fr

La N-acétylcystéine (NAC), un expectorant dont l’utilisation est répandue dans la prise en charge de la toux, pourrait contribuer à la prise en charge des AVC.

En effet, selon une étude publiée dans «Circulation» en mai, les chercheurs de l’INSERM (Institut national de la santé et de la recherche médicale – France) se sont intéressés à la NAC, une molécule qui permet de fluidifier les sécrétions bronchiques. Cette dernière désagrège le mucus en cassant les ponts existants entre les différentes protéines de mucine.À partir de ce constat, les auteurs préconisent d’exploiter les propriétés de la NAC pour désagréger d’autres amas de protéines.

Ils ont commencé par une étude in vitro. Ils ont ensuite répété l’expérience plusieurs fois sur des souris présentant des AVC. La NAC s’attaque au «facteur de Von Willebrand», une protéine à l’origine de l’agrégation des plaquettes, et très utile notamment dans la coagulation sanguine.

D’après Maxime Gauberti, le traitement de l’obstruction des artères nécessite une quantité de NAC d’environ 1.000 fois supérieure à la dose administrée en cas de bronchite.

Actuellement, on traite les AVC soit en introduisant un petit filet dans l’artère du cerveau pour ôter le caillot, soit en administrant une protéine du sang dont le rôle est de dissoudre le caillot sanguin. Cette molécule comporte un risque hémorragique important.

«Tout en étant efficace pour détruire les caillots sanguins, l’utilisation de la NAC ne devrait pas, a priori, se traduire par une augmentation des hémorragies», affirme Maxime Gauberti. Et d’ajouter : «La prochaine étape sera de réunir les chercheurs européens, pour démarrer des essais cliniques et ainsi comparer l’utilisation des deux traitements par voie intraveineuse.»