Un quart des décès par méningites pourraient être évités grâce à la vaccination

  • Auteur: Abderrahim Derraji
  • Date de publication: 17 septembre 2018
  • Source: lefigaro.fr

Un groupe de chercheurs de l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm) vient de publier dans la revue «Paediatric and Perinatal Epidemiology» les résultats de travaux qui ont révélé une fréquence élevée des séquelles graves chez les enfants ayant souffert d’infections bactériennes sévères, notamment la méningite, le purpura fulminans et le choc septique.

Ces affections peuvent être à l’origine paralysie, perte auditive, épilepsie, amputation. Elles peuvent dans certains cas hypothéquer le pronostic vital de l’enfant.

Les auteurs ont suivi, entre 2009 et 2014, une cohorte d’enfants de la région du Grand Ouest âgés de 1 mois à 16 ans.

En menant ces travaux, l’équipe de chercheurs a voulu mettre en évidence l’apport du vaccin anti-pneumocoque et anti-méningocoque C dans la protection contre les infections bactériennes sévères chez l’enfant.

Les conclusions de ces travaux sont sans équivoque : sur une période de 5 ans, 25% des décès et 25% des cas avec séquelles graves auraient pu être évités, soit cinq morts et un peu plus de trois enfants subissant des séquelles sur les 124 cas étudiés.

D’après le docteur Élise Launay, pédiatre au CHU de Nantes : «Il y a eu sur cette période, 263 enfants admis en réanimation dans les CHU du Grand Ouest». Et d’ajouter que «Parmi eux 124 ont été hospitalisés à la suite d’une infection liée à un méningocoque ou un pneumocoque dont une grande majorité n’était pas à jour dans leurs vaccins (61%)». Ces infections ont provoqué le décès de 20 enfants et entraîné des séquelles graves chez douze autres.

Les deux vaccins sont devenus obligatoires depuis le 1er janvier 2018. Pour les enfants nés avant cette date, l’Inserm préconise d’appliquer les recommandations actuelles de rattrapage.