Lait pour nourrissons : des millions de boîtes rappelées par Nestlé
Nestlé est confronté à un nouveau scandale sanitaire majeur impliquant du lait infantile potentiellement contaminé, relançant les inquiétudes autour des pratiques du géant agroalimentaire suisse, déjà fragilisé par l’affaire de ses eaux minérales polluées. Cette fois, ce sont des nourrissons qui sont au cœur de la controverse, avec des conséquences sanitaires potentiellement dramatiques.
L’affaire débute le 10 décembre 2025, lorsque Nestlé annonce un « rappel volontaire de précaution » de plusieurs lots de lait infantile, notamment de la marque Guigoz, commercialisés dans plusieurs pays européens. Ce rappel fait suite à la découverte d’un défaut de qualité affectant une huile arachidonique (ARA), ingrédient essentiel du lait infantile. Cette huile serait contaminée par le céreulide, une toxine produite par la bactérie Bacillus cereus, connue pour provoquer de graves troubles digestifs et pouvant être mortelle chez les jeunes enfants. Le 6 janvier 2026, Nestlé élargit considérablement le rappel : des millions de boîtes de lait infantile sont retirées du marché dans près de 60 pays, constituant l’un des plus vastes rappels de produits de l’histoire du groupe.
Dans une communication officielle, le PDG de Nestlé, Philip Navratil, présente ses excuses aux parents tout en minimisant la gravité de la situation, affirmant qu’aucun cas de maladie lié aux produits rappelés n’a été confirmé. Cependant, des enquêtes menées par France Info et Radio France dressent un tableau bien plus inquiétant. Selon leurs informations, plusieurs dizaines d’enfants auraient été hospitalisés après avoir consommé ces laits, présentant des symptômes sévères tels que vomissements et diarrhées aiguës. Une soixantaine d’appels aux centres antipoison et aux agences régionales de santé ont été recensés, et au moins un décès serait possiblement lié à cette contamination.
Les témoignages de parents évoquent des symptômes apparaissant rapidement après la consommation du lait Guigoz, avec une amélioration notable dès l’arrêt du produit, ce qui correspond aux effets connus du céreulide. Malgré cela, les autorités sanitaires restent prudentes. Le ministère de la Santé indique qu’aucun lien de causalité formel n’a encore été établi, des analyses étant toujours en cours. Les investigations sont ralenties par le fait qu’un seul laboratoire en France, rattaché à l’Anses, est habilité à détecter cette toxine.
Enfin, la gestion du calendrier par Nestlé soulève des interrogations. Selon les journalistes, la contamination aurait été confirmée dès le 26 décembre dans l’usine de Boué, mais le rappel général n’a été décidé que dix jours plus tard. Nestlé juge ce délai justifié par la complexité des vérifications nécessaires. En attendant les résultats définitifs des analyses, cette affaire continue d’alimenter un climat de méfiance autour de la sécurité des produits destinés aux nourrissons.