Nouveaux antituberculeux : attention aux multirésistances!

  • Auteur: Abderrahim Derraji
  • Date de publication: 27 mars 2017
  • Source: PharmaNEWS 384 / https://www.rtbf.be

Trois nouveaux antibiotiques efficaces contre la tuberculose ont été mis sur le marché. La bédaquiline (commercialisée sous la désignation commerciale Sirturo par les laboratoires Janssen), le délamanide (Deltyba, du laboratoire Otsuka) et le linézolide (Zyvoxid, de Pfizer, et génériques).

Ces médicaments ont nourri beaucoup d’espoirs, d’autant plus que le BK (Bacille de Koch) a développé des résistances aux traitements disponibles sans compter qu’aucune nouvelle molécule n’a été mise sur le marché depuis les années 1970.D’après un rapport publié, le 23 mars 2017, dans «The Lancet Respiratory Medicine», il faut contrôler davantage la façon dont ces médicaments précieux sont prescrits et administrés, faute de quoi leur efficacité pourrait être rapidement compromise.

Ces nouvelles spécialités pharmaceutiques «améliorent sensiblement l’efficacité des traitements et donnent un espoir à des patients qui auraient auparavant été considérés comme incurables», salue ce même rapport.

«Cependant, sans investissements importants pour l’accès à de nouveaux traitements, notamment des traitements plus courts avec moins d’effets secondaires, les médicaments efficaces vont se raréfier à nouveau, à mesure que des résistances aux derniers traitements apparaissent», avertit-il.

Toujours d’après ce rapport, parmi les 10,4 millions de personnes atteintes de tuberculose, 20% de ces cas étaient résistants à au moins un antibiotique et 5% étaient multi-résistants, soit 480.000 cas. La moitié a été recensée en Inde, en Chine et en Russie. Mais, aucun pays n’est aujourd’hui à l’abri de ces résistances. Le déplacement des populations à travers le monde fait que «des souches hautement résistantes de tuberculose sont présentes quasiment partout dans le monde», souligne le rapport.

La prise en charge de ces formes multirésistantes est plus longue et plus coûteuse. Ces formes ont mobilisé en 2015 environ un tiers des ressources disponibles alors qu’elles ne représentent que 5% des cas.