Zoloft, Xeroquel, Prozac : la forte hausse des ventes de psychotropes en France alerte
Les ventes de médicaments psychotropes connaissent une progression marquée en France, notamment chez les moins de 40 ans et plus particulièrement chez les jeunes femmes. Selon Le Parisien (11 février 2026), certaines molécules comme la quétiapine, la fluoxétine ou la sertraline ont enregistré une hausse de plus de 50 % en cinq ans. Cette consommation traduit une augmentation préoccupante des troubles anxieux et dépressifs dans la population, avec une dégradation globale de la santé mentale et une recrudescence des idées et tentatives suicidaires.
Cette évolution s’inscrit dans un contexte post-pandémiquemarqué par l’isolement social, la précarité, les difficultés professionnelles et une pression accrue chez les jeunes adultes. Les femmes sont plus touchées que les hommes avec une prévalence plus élevée des troubles anxiodépressifs mais aussi une meilleure propension à consulter et à recourir aux soins. Les prescriptions d’antidépresseurs et d’antipsychotiques atypiques progressent ainsi de manière continue, témoignant à la fois d’un meilleur repérage des troubles et d’un recours plus fréquent au traitement médicamenteux.
Pour les professionnels de santé, cette hausse pose plusieurs enjeux. D’une part, elle souligne la nécessité de renforcer l’offre de soins en santé mentale, notamment l’accès à la psychothérapie et à la prise en charge précoce des troubles. D’autre part, elle interroge sur le risque de médicalisation croissante de la souffrance psychique, en particulier chez les jeunes, et sur la durée parfois prolongée des traitements.
Cette augmentation de la demande intervient par ailleurs dans un contexte de tensions d’approvisionnement touchant certaines spécialités psychotropes, ce qui complique la continuité des
traitements et peut fragiliser des patients déjà vulnérables. La situation met en évidence la nécessité d’anticiper les besoins, de sécuriser les circuits d’approvisionnement et de promouvoir des stratégies de prise en charge globales associant traitement médicamenteux, suivi psychologique et mesures de prévention.
Au-delà des chiffres, cette tendance constitue un signal d’alerte sur l’état de la santé mentale en France et rappelle l’importance d’une politique publique coordonnée, axée à la fois sur l’accès aux soins, la prévention et la déstigmatisation des troubles psychiques.