France : Spécialités à base de Kétamine injectables, inscrites sur la liste des stupéfiants

  • Auteur: Abderrahim Derraji
  • Date de publication: 31 janvier 2017
  • Source: ANSM

D’après un point d’information du 26 janvier 2017, l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM /France) attire l’attention des professionnels de santé sur l’inscription des préparations injectables de kétamine sur la liste des stupéfiants dès le 24 avril prochain.
Cette décision fait suite à l’augmentation de l’usage de ces spécialités à des fins récréatives et du nombre de cas d’abus.

La kétamine est utilisée comme anesthésique en médecine humaine en milieu hospitalier ou dans certaines situations d’urgence. Elle est, également utilisée en médecine vétérinaire. Dans ce cas, elle est réservée exclusivement aux vétérinaires pour un usage professionnel et sa délivrance est interdite au public.

Depuis plusieurs années, l’Organe international de contrôle des stupéfiants (OICS) attire l’attention des États sur l’abus et le trafic international de kétamine et l’Organisation des Nations unies (ONU) a voté plusieurs résolutions pour renforcer le contrôle de cette substance.

En France, les premiers cas d’abus de kétamine ont été signalés en 1992. Depuis, elle fait l’objet d’une surveillance ayant conduit en 1997 à l’inscription sur la liste des stupéfiants de la kétamine et de ses sels, en tant que substance, les préparations injectables de kétamine restant inscrites sur la liste I des substances vénéneuses.

Les préparations injectables ont ensuite été soumises à une partie de la règlementation des stupéfiants, impliquant, dans un premier temps en 2001, l’obligation de déclaration de vol, puis, en 2003, l’obligation de stockage dans des armoires ou des locaux fermés à clef.

L’abus de kétamine est responsable de signes cliniques parfois graves (convulsions, hypertension artérielle sévère, troubles du rythme cardiaque, dépression respiratoire, arrêt respiratoire, perte de connaissance, akinésie transitoire, hallucinations, agitation, désorientation, confusion mentale, distorsion sensorielle, attaques de panique,) pouvant conduire à une hospitalisation, voire au décès.

Chez des consommateurs chroniques, des complications urologiques sont d’autre part décrites dans la littérature.

Par ailleurs, le trafic de kétamine est en hausse avec une augmentation du nombre de saisies et d’interventions des services répressifs.