Une saisie record de médicaments contrefaits en Afrique

  • Auteur: Abderrahim Derraji
  • Date de publication: 23 janvier 2017
  • Source: Figaro Santé

L’opération «Vice Grips 2» menée en juillet dernier, avec la collaboration de l’Institut de recherche anti-contrefaçon de médicaments (IRACM), dans seize pays d’Afrique a permis de saisir 82 millions de produits de santé contrefaits.

L’Organisation mondiale des douanes (OMD) estime à près de 10 milliards le nombre de médicaments contrefaits qui seraient introduits chaque année sur le continent africain. Ces médicaments inefficaces et dangereux auraient une valeur marchande estimée à 3,85 milliards d’euros.

En trois jours, les douaniers ont découvert quelque 82 millions de produits de santé contrefaits, dont des médicaments génériques importés sans autorisation de mise sur le marché. Les médicaments saisis appartiennent à la classe des antipaludéens, des antibiotiques, des antiparasitaires, des oestroprogestatifs, etc.

Ainsi, 33 millions de boîtes de médicament ne contenant aucun principe actif ont été saisies en Angola. L’hologramme anti-contrefaçon de ces médicaments a été parfaitement reproduit

Au Togo, un «sirop expectorant» supposé être conservé entre -2 et +4 degrés était stocké à plus de 50 degrés.

L’inaccessibilité aux médicaments de qualité, la désorganisation des systèmes de santé, le faible pouvoir d’achat des malades et le faible taux d’alphabétisation permettent à ces trafics de continuer à prospérer dans de nombreux pays du continent africain

Ces faux médicaments peuvent être à l’origine d’empoisonnement. En 2009, un sirop antitussif a fait plusieurs dizaines de morts au Nigeria. Deux années plus tard, 3.000 Kenyans ont consommé un traitement antirétroviral falsifié.

D’après l’OMD, ce trafic juteux et relativement peu réprimé a tendance à se professionnaliser. Les organisations internationales de fraude produisent à un rythme industriel et multiplient les moyens de transport et les ruptures de charge pour détourner l’attention des douaniers. D’après Christophe Zimmermann, coordinateur de la lutte anti-contrefaçon à l’OMD, un système informatique sécurisé permet aujourd’hui de mieux cibler les contrôles.